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PETER DE GROOT

a l t u s      

pastorale

d’après plusieurs œuvres de

Jean Baptiste Lully

 

rassemblées par

Peter de Groot

 

  Itinéraire Baroque

20 juillet 2009

Collégiale Notre Dame de Ribérac

 

 

Participants

 

Les Choeurs d'enfants Dordogne-Périgueux       

direction de Philippe et Christine Courmont

Egidius Kwartet                                Peter de Groot, haute contre (direction musicale)

                                                           Marco van de Klundert, tenor

                                                           Hans Wijers, baritone

                                                           Donald Bentvelsen, basse

Choeur du Ballet

Comédienne                                      Alexandra Rübner (voir cv ci-dessous)

Amsterdam Baroque Orchestra:      violon violon viola viola violone

Maestro al cembalo;                         Ton Koopman

 

 

Contenance

Titre du spectacle:        Pastorale

Compositeur                Jean Baptiste Lully (1632-1687)

Textes                         Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière (1622-1673)

 

Scène Première            Les Plaisirs de l’ile enchantée  

Scène deuxième           Grand divertissement Royal de Versailles 

Scène troisième            Les Amants Magnifiques & Armide   

Scène quatrième           Pastorale Comique  

Scène cinquième           Amadis  (Chaconne) 

 

PASTORALE

Pastorale d’après plusieurs œuvres de Jean Baptiste Lully rassemblées par Peter de Groot

 

A la demande de Ton Koopman, Peter de Groot, le directeur artistique du Quatuor Egidius a, spécialement pour le festival Itinéraire Baroque, conçu un pastiche d’après plusieurs divertissements et comédies-ballets de Jean-Baptiste Lully, compositeur à la cour du Roi Louis XIV.

Cette  production a pour but de mettre en valeur le Choeur d’enfants de Dordogne qui participera ainsi pour la troisième fois à Itinéraire Baroque.

De Groot a choisi des extraits différents qui sont tout à fait adaptés à une chorale d’enfants. C’est probablement la première fois qu’un chœur d’enfants français exécute ce répertoire. Le concert sera donné sous forme semi-théâtrale.

L’Amsterdam Baroque Orchestra, ensemble spécialisé de renommée internationale, accompagne le chœur d’enfants, qui chante en alternance avec des solistes-chanteurs professionnels ; des danseurs danseront les nombreuses chaconnes et ritornelles. Une comédienne française fera une liaison théâtrale entre les différentes scènes.

                                

Lully et Molière

Naturalisé en 1662, Lully sut très bien assimiler la culture française. L'impact de la musique de Lully fut énorme dans les esprits avant tout. Ce succès populaire s'explique par le fait que l'oeuvre de Lully est composée de mélodies raffinées et distrayantes. On fredonnait les airs de ses opéras dans les rues. Le milieu populaire ne fut pas le seul à être ébranlé par les notes de "Baptiste", comme l'appelait familièrement la France entière. La cour s'enthousiasma véritablement pour ses oeuvres.

Ses premières danses furent composées naturellement pour les ballets de Cour. Elles furent en outre utilisées comme intermèdes dans des opéras italiens (Xerxès, Ercole Amante) et dans les comédies-ballets de Molière. Appelé à définir une conception française de l'opéra, Lully choisit de différer du modèle italien et d'y introduire la spécificité musicale de la France: la danse.

 

La comédie-ballet est un genre créé par Molière et Lully mêlant la comédie et la musique.

Sur ses 32 oeuvres connues, 13 ont été conçues pour être jouées avec de la musique.

"Il serait à souhaiter que ces sortes d'ouvrages pûssent toujours se montrer à vous avec les ornements qui les accompagnent chez le Roi : Vous les verriez dans un état beaucoup plus supportable, et les Airs, et les Symphonies de l'incomparable Monsieur Lully, mêlés à la beauté des Voix, et à l'adresse des Danseurs, leur donne sans doute des grâces, dont ils ont toutes les peines du monde à se passer."

Molière

 

La collaboration artistique entre Molière et Lully a débuté en 1661 lors de la fameuse fête donnée par Fouquet à Vaux-le-Vicomte. Doué d'une grande intuition, Lully ne s'impliqua que partiellement dans le projet en écrivant une "courante" uniquement. Bientôt, le compositeur ne limitera pas son talent à de simples participations. Ainsi, il composera l'intégralité de la musique des comédies-ballets suivantes, signées Molière. La collaboration entre "les deux Baptiste" atteindra son apogée en 1671 avec Psyché, Tragédie-ballet dont Molière partagera l'écriture avec Corneille et Quinault.

À partir de 1664, Lully travailla régulièrement avec Molière (qui le surnommait « le paillard »), créant le genre de la comédie-ballet, sans cependant renoncer aux ballets de cour. Les pièces de ce dernier sont alors une combinaison de comédie, de ballet et de chant : L'Amour médecin en 1665, la Pastorale comique en 1667, George Dandin en 1668, Monsieur de Pourceaugnac en 1669, Le Bourgeois gentilhomme et sa turquerie. Mais en 1671 les deux hommes se fâchèrent et devinrent les pires ennemis.

 

Scène Première Plaisirs de l'Île enchantée

Le 5 mai 1664, le jeune roi Louis XIV (25 ans) ouvre à Versailles les somptueuses fêtes des «Plaisirs de l'Île enchantée». Ces fêtes vont se dérouler du 6 au 13 mai 1664 pour le plus grand plaisir de sa dévouée maîtresse, Louise de La Vallière (20 ans), qui fait à cette occasion son entrée officielle à la cour. 600 invités sont conviés dans le parc somptueusement aménagé par Le Nôtre autour du pavillon en briques et en pierres construit par l'ancien roi Louis XIII (le palais que nous connaissons aujourd'hui ne sera inauguré que 18 ans plus tard). Les fêtes sont à peine troublées par Tartuffe. La pièce que Molière présente le 12 mai scandalise les dévots groupés autour de la reine-mère, Anne d'Autriche. Celle-ci n'hésite pas à faire interrompre la représentation ! Malgré cet incident, les «Plaisirs de l'Île enchantée» laissent un délicieux souvenir aux invités. Ce sont les premières des grandes fêtes qui vont agrémenter les débuts du règne du Roi-Soleil. Avec ces fêtes, le jeune roi ne veut pas seulement se faire plaisir. Il veut aussi mettre en scène la toute-puissance de la monarchie française, ce à quoi il réussira parfaitement pendant les deux premières décennies de son gouvernement.

 Scène deuxième Grand divertissement Royal de Versailles 

 

Organisé par Colbert, le duc de Créquy, et le maréchal de Bellefond, Le Grand Divertissement Royal de Versailles est une pastorale avec chants et danses, de Lully,  dans laquelle est enchâssée le comédie Georges Dandin, de Molière. Les auteurs ont choisi, pour cette représentation d'entremêler deux intrigues totalement différentes, d'une part la pastorale, avec ses histoires de bergers, et d'autre par Georges Dandin, l'histoire d'un riche paysan trahi par sa jeune femme, qu'il a eu l'imprudence de choisir dans le milieu de la petite noblesse. La nouveauté, c'est que les personnages des deux intrigues communiquent. Les ballets et les morceaux chantés sont toujours placés entre les actes de la comédie, mais les bergères de la pastorale font irruption dans les actes de la comédie pour venir raconter leurs malheurs ou leurs bonheurs à Georges Dandin.

La représentation fut donnée dans un salon construit dans les jardins, devant plus de deux mille personnes - environ 1200 sur des sièges en amphithéâtre, et un peu plus au parterre. L'ouverture de la scène était encadrées par deux figures dont une représentait la Paix, et l'autre la Victoire. La Paix d'Aix-la-Chapelle avait été conclu en mai. La scène était un jardin avec statues, vases dorés, architectures, terrasses, un canal et de véritables jets d'eau

 

Cloris chante "Ici l'ombre des Ormeaux", Climène, Cloris et Philène lui répondent et ils chantent en choeur un hymne à l'Amour :

 

Chantons tous l'amour le pouvoir adorable",
Chantons tous dans ces lieux
Ses attraits glorieux ;
Il est le plus aimable
Et le plus grand des Dieux.

 

A peine ont-ils terminé qu'arrive la troupe de Bacchus, qui revendique la suprématie de leur dieu, l'un d'eux chante :

 

Arrêtez, c'est trop entreprendre,
Un autre Dieu dont nous suivons les lois
S'oppose à cet honneur qu'à l'Amour osent rendre
Vos musettes et vos voix :
A des titres si beaux, Bacchus seul peut prétendre,
Et nous sommes ici pour défendre ses droits.

Choeur de Bacchus
Nous suivons de Bacchus le pouvoir adorable,
Nous suivons en tous lieux
Ses attraits glorieux,
Il est le plus aimable,
Et le plus grand des Dieux.

Le groupe de Bacchus se mêle à la danse et commence un combat de danseur contre danseur, de chantre contre chantre, et de choeur contre choeur. Mais tous finissent par se réconcilier.

Le Divertissement se termine sur cet air chanté par les deux choeurs rassemblés :

Mêlons donc leurs douceurs aimables,
Mêlons nos voix dans ces lieux agréables,
Et faisons répéter aux Echos d'alentour
Qu'il n'est rien de plus doux que Bacchus et l'Amour.

Scène troisième  Les Amants magnifiques

Le théâtre est une forêt, où la Princesse est invitée d'aller; une Nymphe lui en fait les honneurs en chantant, et, pour la divertir, on lui joue une petite comédie en musique, dont voici le sujet. Un berger se plaint à deux bergers ses amis des froideurs de celle qu'il aime; les deux amis le consolent; et, comme la bergère aimée arrive, tous trois se retirent pour l'observer. Après quelque plainte amoureuse, elle se repose sur un gazon, et s'abandonne aux douceurs du sommeil.  (suivé par une pièce de choeur d'Armide) Ah quelle erreur, quelle follie - De ne pas jouir de la vie!- C'est aux jeuz, c'est aux amours - Qu'il faut donner les beaux jours.

 Scène quatrième: Pastorale Comique  

La Pastorale comique est représentée à partir du 5 janvier 1667, à la place de Mélicerte, comme troisième entrée du Ballet des Muses composé par Benserade. Molière ne fait pas imprimer cette esquisse, dont il ne subsiste que les vers chantés, avec la simple indication des scènes récitées, que nous a conservés la 2e édition du livret du Ballet des Muses faite par Robert Ballard, seul imprimeur du Roi pour la musique. Cela est d’autant plus regrettable qu’il aurait été précieux pour nous de connaître précisément les variations comiques que Molière se permettait ici sur la pastorale, genre fort goûté à la cour. Si Mélicerte est une comédie pastorale héroïque, les personnages de la Pastorale comique, dont le ton est résolument burlesque, sont des caricatures de héros. Deux riches pasteurs, Lycas et Philène, aiment la jeune bergère Iris, qui leur préfère Coridon. Ils songent donc à se donner la mort dans leur désespoir d'amour, mais, fort heureusement, ils y renoncent bientôt. L'intérêt de cet acte mêlé de musique et de danse tient à un détail qui n'a pas été assez remarqué : le rôle de Lycas, d'après les « Noms des acteurs » fourni par le livret Ballard, est tenu par Molière, alors que ceux de Philène, du Berger enjoué et de l'Égyptienne qui intervient à la dernière scène, sont confiés à des chanteurs professionnels. Certes, la partie chantée par Lycas est moins longue que celle de Philène, mais cela indique néanmoins que Molière, à l'occasion, peut être aussi chanteur, en tout cas sur le mode comique.

Ah! qu'il est beau! ah! qu'il est beau!
Ho, ho, ho, ho, ho, ho
.
Qu'il est joli,
Gentil, poli!
Qu'il est joli! qu'il est joli!
Est-il des yeux qu'il ne ravisse?
Il passe en beauté feu Narcisse,
Qui fut un blondin accompli.

Qu'il est joli,
Gentil, poli!
Qu'il est joli! qu'il est joli!
Hi, hi, hi, hi, hi, hi.

Scène cinquième: Amadis

CHACONNE

GRAND CHŒUR
Chantons tous, en ce jour,
La gloire de l'Amour.
Gardez-vous bien de briser vos chaînes,
Vous, qui souffrez de cruelles peines,
Ne cessez point d'être constants,
Et vous serez contents.

PETIT CHŒUR
Nous devons suivre
Des lois qui doivent nous charmer ;
Ce n'est pas vivre
Que vivre, sans savoir aimer.
 
 

Alexandra Rübner

Comédienne

Alexandra par Donald Bentvelsen 2008Née à Varsovie en 1977, elle se forme au théâtre auprès de Mne Beucler-Michel et de Roland Pilain. C'est au sortir du lycée qu'elle fait la rencontre d'Eugène Green et du Théâtre de la Sapience lors des représentations de la Place Royale, où elle est assistante à la régie. Passionnée par l'époque baroque et l'approche d'une dimension sacrée du langage, elle suit un stage dirigé par E. Green sur le théâtre symboliste. Par ailleurs, elle approfondit une formation plus contemporaine au Théâtre des Quartiers d'Ivry et au Conservatoire du Centre, se forme au chant lyrique auprès d'Anne Charvet-Dubost et Bernadette Val, et reprend ses études universitaires. Elle se produit dans de nombreuses lectures-spectacles en déclamation baroque : Rodogune, Georges Dandin, les Juives, l'Illusion Comique (ces trois dernières mises en scène par Benjamin Lazar). En 2000-2001, Anne Charvet-Dubost fait appel à elle pour l'assister dans sa mise en scène d' « Airs de famille », spectacle conçu autour du Petit Livre d'Anna-Magdalena Bach, créé au Lavoir Moderne Parisien et repris à la Cité de la Musique, à l'Opéra National de la Bastille et au Théâtre du Renard. En 2002, elle a la chance de participer à un stage du Théâtre du Soleil sous la direction d'Ariane Mnouchkine. En 2003, elle poursuit également son travail sur le baroque dans le cadre d'un stage à l'Abbaye de Royaumont mis en œuvre par Le Poème Harmonique où se mêlent théâtre, danse et chant et participe à la création des Opéra de Saint-Evremond à l'Orangerie du château de Champs-sur-Marne et à l'Abbaye aux Dames de Caen,spectacle mis en scène par Anne-Madeleine Goulet. Elle collabore avec Benjamin Lazar pour l'animation théâtrale et littéraire de la Place des Vosges lors de la soirée du Patrimoine le 20 septembre. Enfin, en 2004, elle dirige la lecture-spectacle d'Athalie de Racine, à la Sorbonne. Après un rôle dans Toutes les nuits d'Eugène Green, Agnès Jaoui la choisit pour incarner la voix de l'héroïne de son film "Comme une Image" (sortie en 2004). Parallèlement à son activité théâtrale, elle achève en 2005 un mémoire de maîtrise en lettres classiques autour d'un texte philosophique de la période néoplatonicienne. Elle joue dans Le Bourgeois Gentilhomme comédie-ballet (re)créée par Le Poème Harmonique, dirigé par Vincent Dumestre, et dont Benjamin Lazar signe la mise en scène. Enfin, en 2005, Alexandra Rübner s'engage dans la mise en scène d'Athalie, dernière tragédie de Racine. (photo d'Alexandra ci-dessus à droite par Donald Bentvelsen, 2008)

 

 

Les Choeurs d'enfants Dordogne-Périgueux

Depuis trois ans, l'école nationale de musique de la Dordogne et le conservatoire de musique et de danse de Périgueux se sont associés pour créer un choeur départemental. Couvrant les secteurs de Périgueux, Bergerac et Ribérac, ce choeur offre une formation complète dans le domaine vocal aux enfants (garçons et filles à partir du CE1) puis aux adolescents (garçons jusqu'à la mue, filles jusqu'à la terminale). L'attention particulière accordée au choix du répertoire et le travail vocal permettent de respecter et mettre en valeur les voix des jeunes chanteurs. La pratique du chant choral permet d'aborder le monde de la musique d'une manière très enrichissante, tout en découvrant le riche patrimoine de France et de nombreux pays d'Europe. Le timbre très riche de ce choeur et l'originalité d'un projet pédagogique adapté à notre département ont su séduire un large public lors des concerts donnés à la Roche-Chalais, Périgueux, Bergerac et Ribérac En 2007 inaugure, à côté de la désormais traditionnelle initiation musicale en milieu scolaire, une première collaboration entre le Chœur d’enfants de Dordogne-Périgueux et la direction artistique d’Itinéraire Baroque. Les enfants donneront, lors du concert de printemps, une œuvre préparée à un niveau professionnel avec Peter de GROOT, chef de chœur invité et membre de l’Amsterdam Baroque Choir.